SRI LANKA "La Resplendissante" histoire et légende semblent s'y confondre... INDE DU SUD un tourbillon d'images, de goûts et de couleurs...

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- LE CARNET DE ROUTE D' INDE DU SUD- 2 : le voyage jour après jour

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Jeudi 5 février           Au royaume des Hoysalas

Sacrée moustique- partie nocturne, après les disputes entre deux Indiens qui en sont venus aux mains sur le trottoir, les chiens, et à nouveau les klaxons,  duuuuure nuit ! Cette fois, il faut absolument se procurer de l’anti moustique. Nous irons ce matin au temple de Somnathpur, dans les environs de Mysore. Le bus n°7 part de la gare routière, le New Bus Stand, à 8mn de notre hôtel. Jusqu’à Bannur la route est  bordée de rizières sèches, très sèches ; le paysage brûlé par le soleil  est rougi par la poussière terreuse. On traverse un gros village animé, aux rues en terre battue. Ici, même les vaches sacrées travaillent en attelage. Leurs jolies cornes élancées sont vernies, peintes ou décorées parfois d’un tissu jaune. Beaucoup d’autres vaches aux cornes courtes vaquent et paissent ou encore occupent, imperturbables le milieu de la rue et (comme à Mysore, hier au cœur de la circulation) se promènent librement. A Bannur, le rickshaw qu’on négocie pour un aller retour 150r + 10r le parking  est un tape- cul de première. Ce temple dédié à Vishnou est d’une beauté époustouflante et très bien conservé. Des frises de reliefs sculptés courent à la base des murs : éléphants, chevaux, scènes épiques, motifs ornementaux se succèdent avec un grand bonheur. On voudrait admirer, observer chaque cm carré, contournant le temple pieds nus comme il se doit. Les statues somptueusement parées et encadrées de délicats motifs, représentent des formes de Vishnou et autres divinités liées à lui, mais également des images de Shiva ou Ganesh.Nous revenons sur Mysore en bus depuis Bannur. Le bus pour Hassan, notre prochaine étape, part de la même gare demain matin.L’heure de la sieste est sacrée sous le ventilo. Dîner comme hier et comme à midi au Om Shanti ; encore un thali !On se prépare à l’attaque des moustiques ; le gérant nous donne un mosquito coil, tortillon à brûler. On n’a pas trouvé de spray ni de crème dans les parages. 

6 février        En route pour Hassan

Un moustique intrépide a réussi à gâcher, à lui tout seul, la deuxième partie de la nuit ! Dosa et idli au petit déjeuner nous caleront pour les trois heures de voyage. En huit minutes chrono à pied, on atteint la gare routière. Le bus pour Hassan part à 8h15 et prend une belle route bien bitumée, bordée de  rizières labourées ; les récoltes sont terminées. Le paysage assez sec verdit peu à peu à l’approche d’Hassan. L’Hassan Ashok, le premier hôtel que je sélectionne, est très chic, 3000r par nuit,  ça grève le budget ! Soyons un peu raisonnables ! Un peu plus loin, le Sri Krishna nous semble parfait à 815 r ttc la nuit. Grande chambre avec lit king size de 2x2m, fan, tv, salon et grande salle d’eau. Au rez-de-chaussée, leur restau végétarien est excellent. On y déguste un thali pour 50 roupies chacun, douceurs et glace sodas inclus ! Internet en sous sol où j’y reste bien deux heures pour finir de mettre mes photos car hier soir, la panne d’électricité au internet café  m’avait empêchée de finir ! Une petite sieste et l’heure du diner arrive vite. Ce soir, ce sera plus léger, un masala dosa pour Guy et un open dosa pour moi.Open dosa : dosa plus épaisse (comme les pancakes) avec du masala (pomme de terre oignons, épices…) Masala dosa : dosa fine fourrée au masala. La nuit s’annonce sans moustique ; le bruit de la circulation est assourdi. Pour la douche chaude, il faudra attendre demain matin.   

7 février  Joyaux de pierres 

Nous partons en rickshaw pour la gare routière d’Hassan. La route pour Halebid est très bonne et on y arrive vers 9h15. On ne peut rater le temple de Hoysaleswara, juste à côté du terminal, face au lac. Un des chefs-d’œuvre de l’architecture indienne. Une pure merveille ! Et presque pas de touristes. Une dentelle de pierre d’une grande finesse. On admire de tout près la moindre sculpture de cette merveille dédiée à Shiva au XIIème. L'extérieur et l'intérieur sont couverts de divinités et de sages hindous, d'animaux stylisés et de frises décrivant la vie des souverains Hoysala.Nous retrouvons la gare et prenons un bus pour Belur, un village simple mais animé, vers 11h20 puis un rickshaw pour aller jusqu’au site, au bout de la rue.  Le haut gopuram* annonce l’entrée ; sa pierre ocre clair  nettoyée de près contraste avec le noir des pierres du temple Chennakeshava. Celui-ci est très vaste et dans l’ensemble un peu plus massif, mis à part des façades aux fines sculptures. Quelques jeunes écoliers indiens en visite tiennent  à nous photographier parmi eux, et il s’en suit un long échange joyeux de questions réponses peu originales « what is your name ? », « Where do you come from ? », « Do you like India ?” etc….De retour à  Hassan, nous déjeunons au restaurant de l’hôtel, attablés devant un thali incluant les douceurs qui calment le feu des épices, en compagnie des clients indiens; Longue pause internet et sieste dans l’après midi.Ce soir, pour notre dernier dîner, un garçon nous prend sous son aile et est « aux petits oignons » avec nous ; il nous amuse en nous assurant d’un « good service ! » lancé à chaque fois qu’il nous regarde !  On n’en est pas persuadé, les autres garçons non plus. Ils ont un œil sur lui et sur nous, au cas où notre « ange gardien » fasse une bourde ! 

8 février        Fascination à HAMPI 

Le vieux bus « express » de 7h brinquebale tout d’abord  sur une route étroite cahoteuse, une heure durant. Où est donc le fameux express pour Hospet ? Une banquette remplace même une vitre manquante, mais on ne manque pas d’air !Après une première étape de 350km jusqu’à Arsikere, la route pour Vankodapura est plus large et bien bitumée. Haribor, terminus, tout le monde descend !  On nous transfère dans le bus voisin direction Hospet, même confort ! De part et d’autre de la route qui relie Hospet à Hampi, le décor est planté : un paysage sec étonnant de collines de rochers aux formes extraordinaires que notre vieux bus  local traverse sur 15kms. Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987 : Près de 400 lieux de cultes, temples, chapelles, ou simples autels aménagés dans une anfractuosité de la roche se dressent dans un des plus beaux paysages d'Inde du Sud, avec ses accumulations sauvages de rochers énorme, adoucies par la rivière Tungabadhra qui borde la ville.Nous atteignons enfin Gopi Guesthouse, réservé depuis la veille, en rickshaw, par un dédale de ruelles un peu comme les villages des îles grecques ; certaines maisons cubiques sont même blanchies à la chaux, mais ici, les habitantes sont en sari ou dhotis* ! Pas mal de touristes, mais beaucoup d’Indiens ; le village n’est qu’une succession de boutiques, restau, pensions, agence de voyages, centres de massage, mini épiceries …et malgré cela, il nous semble plutôt sympa. Hampi Bazaar mérite son nom !Du restaurant sur le toit terrasse de la pension, nous avons vue directe sur le colossal gopuram* du temple de Virupaksha, à peine éclairé, dommage. Pas mal de touristes français. Service hyper lent et quelques mosquitos ! Notre chambre, dans une maison voisine, sympa et bien rénovée –Laksmi Héritage Tourist Home (800r) s’avère très confortable, propre et carrelée et bien équipée avec fan, ventilo, salle d’eau avec chaude. Nous comprenons que Gopi étant complet, le patron a réservé chez sa voisine… Et finalement, nous préférons dormir ici.  

9 février  l’empire de Vijayanagar

Après un petit déj dont le service est à la hauteur de celui de la veille,  nous partons avec Kali, notre guide francophone pour la matinée (réservé hier soir) en rickshaw au sud du site archéologique, dans la cité royale. Une visite dans le sens inverse, pour éviter de rencontrer trop de touristes.On commence par le Bain de la Reine, un magnifique bassin surmonté de balcons ciselés et d’encorbellement et entouré de baies délicatement ouvragées. Un système ingénieux faisait entrer l’eau propre venue d’un lac et sortir l’eau sale. Pour cette grande « baignoire » granit, basalte noir, schiste étaient utilisés. Des briquettes étaient parfois pour le haut de certains temples.Image of Narasimba,  abimé et restauré,  est le plus célèbre des monolithes de Hampi ; la tête de lion de la divinité représente la quatrième incarnation de Vishnou.Le Temple Souterrain, Underground Temple, a encore les pieds dans l’eau et il y règne une atmosphère mystique. Dans la ville royale, après le Temple de Hazara  Rama, aux  murs extérieurs sculptés de scènes du Ramayana*, nous nous attardons au Temple de Krisha et les dix avatars de Vishnou présents sur les piliers extérieurs de l’entrée, un temple encore en activité, contrairement à celui de Ganesh, 5m de haut, abîmé, patron des portes, puits et forteresses de la ville. Du haut du Mahanavami Dibba, estrade pyramidale de pierre, on a une vue d’ensemble sur le site parsemé de blocs restant d’édifices en ruines.Nous tenons à traverser tout le site à pied pour nous imprégner de ses beautés, et son atmosphère magique, malgré le soleil qui cogne sur le chemin du retour ! Une petite pause thé masala sous un banyan nous requinque avant de repartir, suant bien vite à grosses gouttes, vers le village, et le centre d’aide humanitaire où Kali et d’autres bénévoles s’occupent d’enfants défavorisés. Le restaurant Mango Tree, face à la rivière, est très plaisant, face à un beau paysage minéral et végétal, bien mérité après une autre longue marche.  On savoure nos plats, assis par terre sur les étroites terrasses - gradins en béton. Moments de zenitude exquis !Dans l’après midi, le hasard nous fait assister à une scène traditionnelle, devant la porte d’entrée d’une habitation, à l’occasion du mariage du dernier fils de la famille : sous un porche construit, pour la circonstance, de deux troncs entourés de palmes, et de feuilles, des femmes, des proches du marié, assises à même le sol, essaient des multitudes de bracelets, verts ou rouges, des musiciens jouent, installés à côté. La vendeuse propose un grand choix ! Deux hommes en habit blanc font les comptes au fur et à mesure.  Le mariage au temple, l’ultime cérémonie,  est le 13 et nous repartons le 12 ! Retour à la petite agence de Gopi, pour régler les billets de train 4800r en classe 2 AC, Hospet – Goa et Goa- Mumbaï, réservés la veille, et dîner au plus près, au Prince, attirés par son atmosphère intime.  

10 février      Ville sacrée, ville royale 

Ce matin, nous délaissons le toit terrasse de Gopi, pour le Moonlight, à côté de Prince –petit déjeuner pas transcendant non plus. Un rickshaw, négocié avec peine à un prix raisonnable, nous dépose devant l’enceinte de la Zenana, ancien quartier des femmes du roi, le harem. A l’intérieur de l’enclos, le gracieux pavillon Lotus Mahal et les étables (de luxe) des éléphants préférés du souverain qui, paraît-il, en possédait 800. Tranquille, peu de monde. Il commence à faire chaud.Nous rentrons à pied sous la cagnasse et la douche rafraichissante est un bonheur.Un peu plus tard, en route vers le temple Vitthala, nous nous arrêtons déjeuner au Geeta restaurant, le long de la rivière. Au  moment de la commande, Guy réalise que le billet d’entrée du site est resté à la chambre… Vingt minutes après, à son retour, la commande n’est toujours pas servie ! Nous y restons 50 minutes, appréciant davantage la situation face à la rivière, dans la brise légère et l’ombre, que les snacks.Sur le sentier de granit qui continue, on croise quelques vaches, bergers et bergères. Tableaux champêtres d’un autre siècle sur fond de rivière et collines de rochers émoussés. Les rayons du  soleil commencent à dorer les pierres du temple Vitthala, mettant en valeur les sculptures des piliers gracieux, colonnes et colonnettes, les statues des dieux et déesses finement ciselées… Un chef-d’œuvre de l’art Vijayanagar, et la dernière réalisation monumentale avant la disparition du royaume. Ce joyau est pour nous seuls et  une dizaine d’autres touristes à majorité indienne. Nous y restons jusqu’à 17h environ et rentrons à pied en compagnie d’une jeune Suisse fraîchement débarquée. Elle repart pour Goa demain par le même train que nous à 6h30. La rivière miroite sous le feu mordoré du soleil couchant. Dîner au Prince, comme hier. Cette fois le dîner est plus réussi et très copieux. Nous goûtons à nos premiers momos aux légumes, sorte de raviolis fourrés, non épicés, en forme de minis croissants  ou de chaussons. Petit tour au temple Virupaksha voir l’éléphante Lakshmi « bénir » les personnes qui lui donnent une piécette  avant de rentrer à la chambre. 

11 février      Rituels matinaux sur les ghâts 

Vers 8h15, nous partons, sans déjeuner, aux ghâts*, observer les rituels religieux. Les Indiens viennent s’y baigner, se laver et prier. Ils arrivent en masse, avec baluchon, savonnette et cruchons colorés en plastique. Hommes et femmes se séparent dès la descente des escaliers qui mènent à la rivière. Les écoliers, eux, ont investi le temple donnant sur la rivière. En petits groupes, on s’y lave les dents, on se shampouine, on se fait beau en s’enduisant d’huile ou en appliquant des poudres sur le visage. Des femmes prient assises en sari dans l’eau, les mains jointes, le visage tourné vers l’est. Les épaules se dénudent chastement, les tissus mouillés laissent deviner les formes généreuses des femmes,  les voiles légers des saris aux couleurs vives et chatoyantes dansent sous la brise, se transforment parfois en paravent ou s’enroulent avec grâce autour des corps, le bain terminé. De belles scènes insolites pour nous occidentaux. Mais pour beaucoup de voyageurs, l’attraction c’est le bain de Lakshmi, l’éléphante du temple vue la veille. Le cornac la chouchoute, lui gratte la couenne, lave chaque patte et lui brosse la trompe. Le moindre bobo accroche son regard. Elle se laisse faire, étendue dans l’eau, puis debout. La douche avec la trompe est un moment de bonheur pour tous ! Au New Shanti, sur le chemin du temple de Virupaksha, de délicieuses viennoiseries, pain aux raisins à la cannelle, croissant au beurre ferons office de brunch. On mangera mieux ce soir ! Depuis Mysore, toujours végétariens et à l’eau (même pas une bière car ici, l’alcool est interdit). Une cérémonie de mariage se déroule dans la maison du marié (celle vue il y a deux jours). J’y assiste postée dans l’entrée. Le papa me déclare avec fierté marier son quatrième fils. Et de me désigner du doigt les autres frères, les belles sœurs, la fille et les petits enfants ; je m’en donne à cœur joie pour photographier avec son accord enthousiaste. Mariés et quelques proches –frères, nièce… sont assis par terre face aux prêtres, devant une table basse décorée. Aujourd’hui, la mariée revêt un sari rouge.  Succession de rituels  avec des pétales de fleurs, des poudres qui servent à dessiner des symboles sur le sol, des pailles de riz, des feuilles de bétel recouvertes de pièces de monnaie, de l’eau aspergée en signe de bénédiction, pendant les litanies du prêtre. Le papa fait ensuite signe aux musiciens, postés à côté, de jouer. Le mariage au temple a lieu le 13...  et nous partons le 12, quel dommage ! Elle sera maquillée avec du henné sur les mains, et dix jours après, elle pourra partager la couche de son mari…J’apprendrai plus tard qu’à Goa, les traditions diffèrent.En cours d’après midi, Jalaya, la proprio de la guest house, me rejoint alors que je suis installée dans le passage carrelé devant la chambre, à mettre à jour mon carnet de voyage ; nous conversons pendant une bonne heure. C’est ainsi que j’apprends beaucoup sur leurs  traditions. En voici quelques unes en vrac : les Traits épais de poudre blanche sur le front marque le symbole de Shiva, la couleur verte  est le symbole du Bon (les bracelets sont verts) ;  2 bagues en argent parent les  doigts de pied des femmes mariées qui ne portent pas d’alliance, d’après elle. La poudre rouge se nomme kocoma. Le Jour de son mariage, la mariée est maquillée avec du henné et porte ses bracelets verts ; le marié lui offre un collier en or et un sari. Une boucle perce la narine, après le mariage. (Jalaya est fière de m’annoncer la valeur de son collier 50 000r et de son sari 100 000r). Toujours d’après elle, ceux qui vont aux ghâts le matin sont des touristes indiens. Ceux qui lavent le linge dans la rivière, des dobbis (elle, elle a une machine à laver). J’apprends aussi qu’elle a épousé son cousin germain, le fils de son oncle. Une fois Guy de retour de son massage, tout huilé, nous partons prendre la barque à moteur pour une balade de l’autre côté de la rivière. Des rizières d’un vert tendre, beaucoup de guesthouses au style baba cool ou hippy. Nous visitons un hôtel, le Laksmi Golden Resort. 75 chambres 1000 à 1500r et juste un seau pour l’eau chaude… Ça fait cher ! On préfère l’ambiance du village. Rafraîchissement dans un restaurant, assis sur de grands coussins, avant de reprendre le « bateau » pour l’autre rive. Jalaya nous accueille avec un grand sourire. Elle me fait signe de la suivre, et ouvre son sac plastique, me montrant un beau sari fuchsia qu’elle a l’intention de me faire porter. Toute heureuse, la voilà qui m’habille, me maquille les sourcils au khôl et orne mon front d’une ganda (confetti rond rouge  en feutrine apposé sur le front entre les sourcils). Elle pare ses cheveux de fleurs de jasmin quand je lui dis souhaiter la prendre en photo, si elle le veut bien.  Elle est ravie et tient à ce que Guy nous photographie toutes les deux. Elle va même jusqu’à m’offrir le sari, en toute sincérité. Je refuse avec politesse, arguant la petitesse de mon bagage. Puis voici l’heure des adieux, car nous partons tôt demain matin. Nous nous quittons, sur un serrement de main ; quand je lui demande si je peux l’embrasser, elle se recule en disant non, avec un sourire timide. Ici, en Inde, on ne s’embrasse pas !

Nous dinons au New Shanti d’un très bon thali et achetons nos viennoiseries pour le petit déjeuner de demain.

12 février      Mythique Goa         

Parés pour partir en une demi-heure ; à 6h, nous sommes dans le rickshaw, direction la gare ferroviaire d’Hospet. Au coin de la rue voisine de la guesthouse, nous croisons Jalaya qui venait nous dire au revoir ! C’est elle qui m’embrasse  et cela nous amuse bien toutes les deux. Sa gentillesse nous émeut. Le train arrive avec une heure de retard. Installés dans nos couchettes en classe 2 AC, fermées par de coquets rideaux, nous voyagerons allongés, et ce dix heures durant … Ce n’est pas la vitesse V ! Après avoir vu défiler les paysages très arides du Karnataka, nous nous étonnons de voir forêts et montagnes,  parc national et cascades, rivière et verdure, dans l’état de Goa. Ça change !  Un taxi pré-payé pour 600 roupies, nous emmène à Palolem - ce système de prix fixe selon la destination est très au point et ne stresse pas. En trois quart d’heure, notre Fangio nous amène à destination. Bonjour la conduite, les dépassements à tout va, les klaxons… boudiou ! Dire qu’un bus met 1h30.Nous devons rejoindre Ciaran’s Camp, à pied par la plage, avec les bagages. Un resort de charme niché dans un joli jardin à la pelouse bien verte. Notre bungalow nous attend et sa déco raffinée et son confort nous enchantent : serviettes épaisses, coussins à profusion, grand lit abrité d’une belle moustiquaire, miroir sur pied etc… terrasse aménagée, avec hamac. Un excellent choix. Balade de reconnaissance après le chai et les petits gâteaux offerts aux clients à 16h. Bien sympathique, d’autant plus que nous n’avons pas mangé !  Nous poussons à pied jusqu’à l’extrémité Ouest  puis Est, à temps pour admirer un pur coucher de soleil depuis un endroit magique, sur fond musical de « Café Del Mar », ressemblant étrangement à du « Buddha Bar ». Pause internet à proximité de notre hôtel. Dîner dans un restau sur la rue à l’arrière : des chicken tikka*, excellents, arrosés, (enfin !) d’une bonne bière Kingfisher. Nous étions quand même à l’eau et aux légumes depuis Mysore !  

13 février   Palolem beach 

Les vagues se brisant sur la plage ont bercé notre sommeil. En matinée, séquence « baignade et bronzage » avant la séquence « coiffeuse » pour moi et « massage » pour Guy. Pause chai et gâteaux chocolat  avant de partir vers 17h admirer le coucher de soleil. Cette fois on s’installe dans les fauteuils du Café Del Mar, toujours en musique ; j’achète le cd en souvenir de ces moments privilégiés. Après une douche, de retour chez nous, cocktail au bar du Ciarans, vu qu’on a un peu d’argent d’avance ! Dîner au restau de la veille puis pause internet.  

14 février      Une Saint Valentin exotique

Programme très chargé aujourd’hui, jour des Amoureux ! Baignades, balades, tea time à 16h, massages d‘une heure, coucher du soleil, cocktail et repas au Ciaran’s arrosé d’une bouteille de vin blanc ; au menu gambas grillées, riz, salade et petit dessert traditionnel. Une belle soirée romantique sous le ciel étoilé.  

15 février      Dernière journée de plage         

Même programme que la veille, auquel on rajoute un peu de shopping. Dîner après apéro, cette fois  à notre restau sur la rue arrière. Il faut penser à boucler les bagages. On serait bien resté deux jours de plus… 

16 février      MUMBAI, une des mégalopoles mondiales

Le restau n’ouvrant qu’à 8h30, on avale juste boisson chaude et pain beurre confiture, en guise de petit déj. Nous suivons le chauffeur par le sentier qui part à l’arrière de l’hôtel -plus facile avec les bagages que le sable de la plage. Faut connaître… En moins d’une heure, nous voici à Magdao. Le train « express » part avec dix minutes de retard à 9h50. Il n’y a plus qu’à « prendre son mal en patience », en l’occurrence douze heures de trajet. Position assise… puis position couchée… puis assise. On prend le lunch proposé par les services à bord : une « gamelle » de riz poulet masala, pas mauvais ma foi mais épicé (60r par personne). Dans le couloir étroit,   c’est un défilé continuel de vendeurs qui proposent en criant «  kofe, thé, chai », « tomato soup, biscuits, sandwiches, mixed fruit » etc. On ne risque pas mourir de faim ! Notre compagnon de voyage, un jeune Indien dont la famille habite à Mumbai, nous aide à passer plus vite la dernière heure. Je prends bonne note de  ces conseils sur les  musts à voir en Inde,  cela nous donne déjà l’envie d’y revenir avant même de l’avoir quittée. Douze heures plus tard, nous débarquons à la gare Victoria, la gare principale de Mumbai. Impressionnant de voir ce grouillement humain, tous ces  gens assis à même le sol… Le trajet en taxi pour le Bentley Hotel à Colaba est stressant car le chauffeur  ne sait pas où il est et il cherche à nous larguer dans le quartier, nous faisant croire qu’on est arrivés ! Après avoir demandé dix fois son chemin, il arrive enfin devant notre hôtel, un ancien bâtiment colonial dans une rue très calme d’un quartier ma foi assez chic. Dommage que l’ensemble ne soit pas mieux entretenu. Notre chambre se trouve dans le bâtiment annexe et son balcon donne sur le parc, pour 1870r petit déjeuner inclus. La chambre 17 est propre et la salle d’eau correcte. 

Mardi 17 février      Mumbai mérite mieux qu'une journée...          

On émerge à 8h30, réveillés par les corneilles, comme d’habitude ! Un petit déjeuner réduit nous est apporté sur un plateau : deux toasts, beurre, marmelade et une boisson chaude chacun. A 10h30, nous laissons les bagages en bas à la réception pour partir à la découverte de cette gigantesque mégalopole de dix huit millions d’habitants. Le plus désagréable, ce sont les taxis qui, soit ne comprennent pas, ou mal, l’anglais, soit  nous arnaquent ,ou veulent nous lâcher dans le quartier, ou encore font mine de chercher en laissant tourner le compteur.Nous allons au quartier des Dhobis, membres de la caste inférieure des blanchisseurs, un ghat surnommé le quai de la lessive, à Mahalaxmi. Du haut du pont, qui jouxte la gare feroviaire, nous pouvons voir les dobbi-wallah battre énergiquement des montagnes de linge, penchés sur de grands bacs en ciment. Des guirlandes de linge volent dans le vent, du linge étendu par couleur sur les fils ou à même les tôles des toits des bicoques du quartier. 1026 lavoirs en plein air, vieux de 136 ans. Mais comment font-ils pour ne pas mélanger le linge des clients ? La mosquée Haji Ali est reliée à la terre par un passage, recouvert d’eau à marée haute. On ne peut pénétrer dans l’enceinte qu’après un check point. Tout le long du ponton-promenade, des petits stands de babioles, des mendiants assis, en attente de dons divers ou bien des vendeurs de fleurs qui patientent en enfilant des colliers de roses rouges et de jasmin destinés aux offrandes. Plus tard, nous cherchons en vain le centre commercial « Crossroad » pour y faire du shopping, mais nous trouvons « Crossword », une « FNAC » indienne miniature dont le coffee shop fait notre bonheur. A bord du taxi en direction du Regal Circle, coup d’œil à Chowpatty Beach, une  large et longue plage de sable. On fait le plein de produits ayurvédiques et des thés pour environ 150 euros à l’Emporium de Battery road. Gateway of India, pas très loin,  est un des emblèmes de Mumbai. Au pied de ce gros arc de triomphe, s’étend l’esplanade, grouillante d’Indiens, de vendeurs, de racoleurs, de touristes. En face, le majestueux Taj Mahal Hotel, LA fierté de la ville. L’entrée côté mer est triplement gardée par des barricades de sécurité, vu les attentats du 26 novembre 2008. Il est en cours de restauration. Ayant montré « pattes blanches », on peut admirer le grand hall de réception, les galeries, le bel escalier ouvragé menant aux chambres. Pause « chai »  dans le beau restaurant très classe, où on prend deux iced teas et deux desserts, spécialités indiennes, pour 1200 roupies. Faute de pouvoir un jour s’offrir une nuit : leur brochure affiche le tarif minimum de 25 000r (410€ environ) la chambre, un prix à faire frémir…Notre balade se poursuit dans le quartier avoisinant Regal Circle pour y admirer les beaux bâtiments coloniaux et art déco. Le Royal Bombay club, Dhunraj Mabe, Old Sailors Home, (maintenant le siège de la police), l’Institut des Sciences, David Sassoon library (le hall de boiseries est magnifique), High Court, l’Université de Mumbai etc… Pas évident de se repérer avec le petit plan de Lonely Planet ! On dîne au Léopold Café vers 20h. Un resto-café cosmopolite, le rendez-vous des touristes, des expatriés occidentaux et des indiens tous attablés dans la belle salle de style années 30, devant leur girafe; ce mode de service original est un cylindre en verre transparent, d’une contenance de 2,5 l à 5 l, monté sur un présentoir et muni d’un robinet pour assurer le service.Installés au fond de la salle, nous sommes au premier plan pour voir avec horreur les impacts de balles sur le miroir, qui témoignent encore des attentats meurtriers du 26 novembre 2008. Brrrr… On vient même les photographier. Ambiance bruyante mais sympa, service efficace et rapide. Nous rejoignons Bentleys Hotel à pied par Colaba Causeway. A la réception, nous reconfigurons les bagages. Il ne reste plus qu’à s’armer de patience puisque le taxi réservé ce matin et pré-payé à l’hôtel (360r) vient nous prendre à 23h. En route vers l’aéroport, le chauffeur ne résiste pas à l’envie de quelques roupies supplémentaires, « pour les bagages » nous dit-il, ben voyons…et nous de refuser catégoriquement ! Décollage du vol BA138 pour Londres vers 2h40. 

18 février  Retour d’Inde ou retour des Indes ?

Nous voilà donc de retour à Bordeaux, bien fatigués, mais contents de retrouver confort occidental et habitudes quotidiennes. Retour dans le froid hivernal et le ciel gris.Impression de revenir d'un autre monde... la tête pleine de couleurs et d'images. Les senteurs des épices rapportées des marchés de Cochin et Mysore, photos et souvenirs prolongent le voyage. Cet enchantement ne nous fait pas oublier la pauvreté et la mendicité que nous avons côtoyée dans les villes,  aux abords des temples ou dans les halls de gareBye les corneilles, insolentes, râleuses, piailleuses, vous seules ne nous manquerez pas ! Les six semaines passées nous marqueront à jamais. Nous restons sur notre faim et avons envie de découvrir d'autres états.  Finalement l'Inde est plurielle et il serait peut être plus juste d'évoquer les Indes, tant les états que nous avons traversés diffèrent, par leurs paysages, leurs traditions, leurs langues, leurs religions, ou leurs spécialités culinaires. Nous sommes conscients que les états visités ne comptent pas parmi les plus pauvres et nous devrons nous attendre au choc  lors d’un prochain voyage, car prochain voyage il y aura, tant nous sommes avides de connaître davantage les différentes cultures et traditions, les Indiens d’autres états.


Publié à 13:46, le 19/02/2009, dans @ INDE DU SUD : LE CARNET DE ROUTE,
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